Filmer ou agir en situation d’urgence ?

janvier 2, 2026

Ce que révèle la tragédie de Crans-Montana sur nos réflexes en situation d’urgence

Avant toute chose : le respect

Avant toute analyse, une chose s’impose.
Nos pensées vont aux victimes, à leurs proches et à toutes les personnes touchées par la tragédie survenue à Crans-Montana.

Le drame est réel.
La douleur l’est tout autant.
L’émotion est légitime.

Analyser un événement de cette nature n’a jamais pour but de minimiser la souffrance, mais au contraire d’en tirer des enseignements concrets afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.

Une question inconfortable… mais nécessaire

Pourquoi, lorsque le danger est bien réel, certaines personnes sortent leur téléphone pour filmer plutôt que de chercher une sortie, se protéger ou aider les autres ?

La question dérange.
Elle choque parfois.
Mais elle mérite d’être posée, car elle touche au cœur même du comportement humain en situation d’urgence.

Filmer n’est pas toujours un choix conscient

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, filmer n’est pas toujours synonyme d’indifférence ou de recherche de visibilité.

En situation de stress intense, plusieurs mécanismes bien connus entrent en jeu.

1. La sidération

Face à un danger soudain, le cerveau peut se figer.
Il cherche un repère familier.
Le téléphone, objet quotidien, devient alors un réflexe automatique.

Filmer donne l’impression d’agir, même si l’action n’est pas la plus utile.

2. Le déni temporaire

Filmer permet de créer une distance avec la réalité.
On observe la scène plutôt que de s’y confronter pleinement.
C’est une stratégie inconsciente de protection psychologique.

3. L’effet de foule

Lorsque personne ne prend le leadership —
aucune consigne claire, aucune direction visible, aucun message structurant —
le comportement passif se propage rapidement.

L’inaction devient collective.

Le vrai problème n’est pas le téléphone

…mais l’absence de préparation

Le téléphone n’est qu’un symptôme.

Le véritable problème réside ailleurs :

  • une culture de sécurité insuffisante,

  • des réflexes d’urgence peu intégrés,

  • une préparation citoyenne quasi inexistante,

  • une méconnaissance des priorités vitales.

En situation d’incendie, l’ordre des actions est pourtant clair :

  1. Se protéger

  2. Évacuer si possible

  3. Alerter

  4. Aider sans se mettre en danger

Filmer ne sauve personne.
Un chemin d’évacuation connu, un extincteur accessible ou une action coordonnée, oui.

Chercher un coupable immédiatement : un autre réflexe humain

Après le choc vient souvent un autre besoin :
👉 désigner rapidement un responsable.

Comme si nommer un coupable pouvait :

  • apaiser la colère,

  • donner un sens à l’inacceptable,

  • refermer plus vite la blessure.

Mais accuser à chaud n’améliore ni la sécurité ni la prévention.

Comprendre, oui.
Informer, oui.
Tirer des leçons, absolument.
Jugement émotionnel immédiat, non.

Quand la préparation devient un réflexe : le rôle de PrépaCivile

La tragédie de Crans-Montana met en lumière une réalité simple :
en situation d’urgence, beaucoup de citoyens ne savent pas quoi faire immédiatement.

Ce n’est pas un manque de courage.
C’est un manque de repères intégrés avant l’événement.

C’est précisément pour répondre à cette réalité que PrépaCivile a été conçue.

PrépaCivile : transformer l’émotion en action utile

PrépaCivile est une application de préparation citoyenne, pensée pour accompagner les individus avant, pendant et après une situation d’urgence.

Dans un contexte d’incendie en lieu public, plusieurs fonctionnalités prennent tout leur sens.

🔹 Avant l’urgence – Réduire la sidération

Le volet PRÉVENTION permet :

  • de comprendre les risques réels,

  • d’intégrer des réflexes simples et hiérarchisés,

  • de se familiariser avec les priorités vitales.

Répéter mentalement une situation réduit considérablement la paralysie lors d’un événement réel.

🔹 Pendant l’urgence – Agir plutôt que filmer

En situation de stress, le téléphone est souvent déjà en main.
La différence se joue sur son usage.

Le volet ACTION de PrépaCivile vise à :

  • rappeler quoi faire immédiatement,

  • structurer l’évacuation et la communication,

  • limiter les décisions improvisées ou dangereuses,

  • encourager l’entraide sans exposition inutile au danger.

Le téléphone cesse d’être un outil passif pour devenir un support à l’action.

🔹 Aider sans se mettre en danger

Un message fondamental est souvent oublié :

Aider ne signifie pas se sacrifier.

PrépaCivile rappelle clairement que l’on n’aide que si l’on est soi-même en sécurité, afin d’éviter d’aggraver la situation.

🔹 Après l’événement – Tirer des leçons, pas seulement des images

Le volet RÉTABLISSEMENT permet :

  • de structurer le retour à la normale,

  • de réfléchir aux améliorations possibles,

  • de transformer un choc émotionnel en apprentissage durable.

La résilience commence là où l’oubli est évité.

Le message essentiel

La question n’est pas :

Pourquoi filment-ils ?

La vraie question est :

Leur a-t-on appris quoi faire à la place ?

La préparation citoyenne ne supprime pas le risque.
Mais elle réduit la confusion, accélère la réaction et sauve du temps précieux.

Parfois, ce temps fait toute la différence.

Conclusion

La tragédie de Crans-Montana nous rappelle une vérité simple :
ce n’est pas le moment de filmer, c’est le moment d’agir.

La préparation ne commence pas lorsque le danger est visible.
Elle commence bien avant.


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